Julien Dray et le coup de pied de l’âne
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’éviction de Julien Dray de la liste essonnienne du PS aux régionales n’a pas finie de faire couler de l’encre et “plombe” le début de campagne d’un parti qui aura pourtant fort à faire pour défendre le calamiteux bilan de Jean-Paul Huchon, qui dirige la région depuis bientôt 12 longues, trop longues années.
Ainsi, suite à l’annonce de son limogeage par son parti en fin de semaine dernière, “Juju” tapait du poing sur la table médiatique dimanche, histoire de rappeler à tous ceux qui l’avaient enterrés un peu trop vite qu’il était encore capable de mordre.
Ainsi, il estimait que sa ” candidature n’est ni une question personnelle, ni une question d’avantages matériels, mais une question de principe (…). C’est pour ces principes et ces valeurs, qui ont été foulés aux pieds des mois durant, que je maintiens ma candidature : la présomption d’innocence, le refus du lynchage médiatique comme loi (de la jungle), la préservation de la vie privée”
En rejetant sa candidature, le PS à d’après lui validé ” le fait que n’importe qui, demain, pourra être mis hors jeu par une campagne de déstabilisation médiatique” ironisant sur le fait que la direction du PS “au nom de l’opinion” lui “fait payer un certain nombre de faits politiques” qu’elle ne lui a “jamais pardonnés”.
Bien évidemment, Ségolène et quelques autres éléphants se sont immédiatement ralliés à cette théorie.
Un tumulte suffisant pour que la direction du PS, mise en accusation, éprouve le besoin de s’excuser, oubliant au passage le vieil adage qui veut que “qui s’excuse s’accuse”.
Ainsi, le Secrétaire National du PS aux élections, a affirmé dimanche qu’il n’y avait “aucune manœuvre” dans les choix faits, que “La décision prise par la fédération de l’Essonne (…) est une décision qui, une fois ratifiée par les militants, s’imposera à tous, aux adhérents, aux élus et deviendra la liste des socialistes pour les élections régionales (…). Je comprends que Julien Dray ait un sentiment d’injustice mais il n’y a rien de pire que d’organiser entre socialistes une polémique autour de ce sujet (…). La présomption d’innocence a été réaffirmée par de très nombreux dirigeants socialistes. Après un long débat dans la fédération de l’Essonne, le conseil fédéral de ce département a estimé que sa responsabilité (était) de bâtir une liste sans la candidature de Julien Dray, on en prend acte”.
A titre personnel, je trouve que le PS fait deux poids deux mesures entre le Président sortant, Jean-Paul Huchon candidat investit à sa propre succession et un de ses Vice-Présidents dont personne ne peut dire qu’il n’a pas travaillé et qui est toujours présumé innocent !
De la à penser comme Julien Dray, que la présomption d’innocence n’a rien à voir dans cette décision, mais qu’elle permet de justifier des règlements de comptes trop longtemps attendus, il n’y a qu’un pas…

